Coup de pouce "salvateur"

Publié le par Mickael

Toujours la lande... Rien vu qu´un gaucho escorte par trois chiens, chevauchant tranquillement le long des herbes hautes et des arbustes rabougris. Son chapeau emerge au dessus des houles vertes et mauves de la lande. Succession de pentes . A chaque fois que jatteins le faite, hors dhaleine, la lande sarcastique me tire une longueur de plus. Au loin , a 60 km, San Antonio de Oeste, et locean . Si  seulement le gaucho pouvait serrer la ville et lhorizon dans ses boleros et les tirer a moi...50 km ... Beuh jai la tension qui flanche .Je repasse en vitesse polype. Jai limpression de rouler sur un plancher oceanique et quil faut brasser , moudre lair comme de leau . Un peu dombre miraculeuse sous un bouquet de pins. Je reprends juste assez de force pour aller jouer du pouce du bon cote de la route, en plein cagnard ( 35 degres aujourdhui ) . Je scrute nerveusement lhorizon qui ejecte a peu pres ts les 10 minutes un vehicule .  Il me reste un fond de bouteille deau. Je reprends le velo au bout dune heure, et pedale, laborieusement, pour faire montre de bonne volonte aux automobolistes, au passage desquels jjagite ingenieusement nest ce pas ma bouteille deau aux trois quart vide  .Allelujah! ( Je suis devenu croyant sur cette route je crois, jai mem vu un buisson prendre feu , roti que jetais moi meme , embroche vivant sur ma selle , et suivi la route comme sil sagissait de nuees noires )la troisieme voiture sarrete, un pick up en plus. Voila lengin approprie pr sauver un cycliste en detresse . Apparemment les deux hommes ne mont pas pris en pitie , mais se sont  arretes pr faire de la prospection ds le coin. Mais jai leur aval pr mengouffrer a larriere apres avoir fixe mon velo sur la plate forme arriere. Les deux hommes sont des collegues de travail , ds leur voiture de fonction, qui sarrete a tout  bout de champ et relevent , munis dinstruments electroniques , des informations topographiques ds la lande torride.  Lun saute par dessus la colture et disparait dans la lande pendant que laccolyte essaie de ranger la voiture ou le premier est cense refaire surface. Cest toujours le meme qui va crapahuter dans les replis de terrain truffe depineux  , soit quil est sportif ou subalterne, et qui revient au pas de course, genre je suis un guanaco, ahanant bruyamment par dessus le bruit du pick up qui redemarre en trombe . 140 km. Jai limpression que le paysage se deforme, que la vitesse remodele la lande, redistribue lespace. Ce nest plus la meme donne. Les reins cales dans le cuir, ecrase sous mes bagages, jeprouve un indicible soulagement devant ce paysage, interminable octroi qui prelevait  mes forces et mon sang, qui se cabre, se decolle et bat en retraite sous quatre roues triomphantes. Lespace est plie, broye, moulu sous le capot qui me transmet ses trepidations et remet mon corps sous tension. Je p´rends conscience de la vulnerabilite que cest de parcourir cette distance a letalon du coup de pedale ou du pas, sur cette route etroite et tenue entre deux etendues devastees , comme un fil de fer a nu. 100 km pr negocier un rond point , avec deux roues qui mordent le bas cote dans un nuage de poussiere . Fangio qui ressuscite au volant de mon pick up ! A cette vitesse on a tot fait datteindre locean , et cest comme si la marre etait montee jusqua moi. En fait le vehicule me lache a lintersection de 2 nationales , ds une station essence. Il reste 8 km avant san antonio de oeste, 18 avt Las grutas , une  station balneaire.  Locean crepu etale un front bleu et bleu. Vent plus fort que jamais. Eole sepoumonne. Prise de photos avec deux bikers bardes de cuir qui se rendent a Comodoro rivadavia, fief des motards inveteres.Cheveux longs , tatouages. Les grands espaces, les panamericaines, easy rider, le zef endu en deux dune simple trosion du poignet, ca me donne envie de changer de calibre... On the road again, avec un rugissement dadieu et le drapeau argentin qui claque a larriere, la plaque gravee a linsigne de laigle, une sorte dempennage composee de lanieres de part et dautre de la moto Je repars et dois marreter 1 km plus loin, epuise, des rafales de pres 100kmh plein la gueule.Je passe une bonne heure adosse au mur de la station, ecoutant le vent qui serine et syphonne, ce foehn  a rendre fou , qui ne descend pas de la montagne mais monte du rauque et traitre Atlantique.

Publié dans cyclotropisme

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Nathalie et Stéphane 27/02/2007 15:47

Oulala, quelles aventures..................
tu vas écrire un bouquin j'espère!
il faudra qu'on lise tout ton blog
Bon voyage vers Québec
Bon rétablissement
Bisous de la famille Duhau

mael 24/02/2007 20:38

Salut mickaël, je suis Maël Desse, un ami et ancien élève de Alain boulaire. J'ai cru comprendre que tu avais eu quelques problèmes pendant ton trajet en argentine. je vis en ce moment à Buenos Aires (je pense que Alain t'a parlé de moi) et je suis bien sur pret à t'acceuillir à la maison si tu en as besoin, ou tout simplement l'envie.
J'ai essayé de te joindre plusieurs fois sur ton portable mais pas de réponse.
Appelle moi (48676165) ou passe à la maison (528 aguero - corrientes y aguero, subte B Carlos Gardel)
Au plaisir de se rencontrer
 
maël DESSE

sander 18/02/2007 22:47

Waaaaaaaah!
tu est en argentine! je regarde souvent ton blog. La derniere rien du tout nouveau.............et voila! superb!! je vais lire tes aventures!
je suis curieux.
Allez.....bon route
Sander