Le bon air de la campagne

Publié le par Mickael

J´etrenne la campagne argentine avec a mes cotes un homme sorti du train en mem temps que moi et qui m`escorte jusqu´a la grand route, tout en me vantant le charme des argentines ( je me rendrai bientot compte que l`argentin est foncierement don juanesque , la rhetorique en moins )). Je m´elance, renouant avec le bon air campagnard et la saine, sinon sainte, fatigue du voyage a velo. Pedaler vous purge . Vous etes alors receptacle et le monde en vous peut s´introduire, faire irruption , y jeter ses germes . On se saoule d´air et de vent, on inhale la menthe et le thym dans les fosses . Toute la nature est balancee de part et d´autre de la route comme un encensoir. On s´allonge moulu dessous les arbres, bras croises derriere la nuque. Le soleil ecarte les branches . On on reve , on divague , on regarde les lourdes masses nuageuses  sur le ciel , comme sur une mappemonde la derive des continents. Et l´on se sent monter un vigueur au long des veines comme une seve .

Le ciel est mitige. De lourdes cohortes de nuages y entassent du charbon. Trouees , ca et la , par les rayons du soleil comme par des glaives..

 

 

Bientot j´entends retentir un tonnerre de tout les diables. Je suis sur le bord de la route, sous une pluie battante, hurlant sur les chiens qui hurle au cycliste. La foudre vient de me passer dans le corps, comme si je venais d´empoigner la cloture du champ avoisinant. Il y a une niche d´arbres un peu plus loin mais je n´ose pas m´y refugier. Toute la basse cour, vaches, poules, chiens, chevaux est mise en deroute par d´assourdissantes detonations, et se debande dans l´herbe spongieuse. Lq campagne etincelante est frappe comme une enclume. Le ciel sous tension est incise d´eclairs qui viennent de toutes parts et se rejoignent comme d´electriques ramures. Je n´avais jamais assiste a un tel spectacle .

Publié dans cyclotropisme

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