Buenos aire

Publié le par Mickael

Pour prendre la mesure de Buenos aire il faut se rendre dans le Micro centro, centre nevralgique de la megalopole qui absorbe un tiers de la population argentine ( 12 M d´hab ). Une canopee de gratte ciel, serres comme des tuyaux d´orgue: Je dois tirer a peu pres la meme tronche que Bardamu decouvrant New York dans son " voyage au bout de la nuit " , stupefaite et beante vers l´etroit defile de ciel qui persiste entre les parois de verre. Je suis maintenant loin des paillottes du desert mauritanien ou des cases en banco du Senegal ! Tissu urbain cousu de fil archaique et ultra moderne. Deux buildings high tech jouent des coudes entre les fleches un peu depassees et emousses d´une cathedrale gothique. Juste a cote, commence le kaleidoscope de l´avenida Florida, qui decline infiniment, de part et d´autre d´un flot intarissable de passants, ses gammes de couleurs criardes , ses enseignes tape a l´oeil. Mac Do, magasins de HiFi, de pret a porter. Daniel ( ben ouais , c´est bizarre , il s´appelle bien Daniel , par contre il est bien vegetarien ) , un californien de la meme auberge, avec lequel je deambule, retrouve la demesure des megalopoles americaines, Los Angeles, Chicago, N Y ...

C´est vraiment un plaisir de flaner dans les rues de Buenos aire qui cachent ( cf Baudelaire , "les plis sinueux des vieilles villes ") dans chaque case de cet immense damier, ici un joyau d´architecture orthodoxe qui nous plonge dans la feerie des coupoles russes, la une immense fresque a la Rivera, la encore un bobeche au nez rouge qui gesticule, cabriole  et jongle au milieu de la circulation stoppee au feu rouge . Excentricite , creativite des grandes villes, des murs des banlieues tages  aux facades suranees des demeures patriarcales , charges d´ornements baroques ou rococo...

Je quitte la capitale avec en sus dans les sacoches les deux cadeaux respectifs de deux nouveaux amis rencontres a l´auberge, un guide du Chili et un billet de train pour San Vincente. Trois solutions se presentaient a moi pour m´arracher a l´emprise tentaculaire de la pieuvre: l´autopista, 2 fois 4 voies, traverser les favellas du sud / sud ouest, ou bien les banlieues chic du nord, jusqu´au Tigre, sorte de delta du Mekong a la sauce argentine, ou les residents rentrent chez eux en bateau, et contourner l´agglomeration pour remettre le cap au sud ouest. Tout le monde me recommande le train, dans lequel les argentins ont l´habitude de transporter leur velo. Je suis maintenant cramponne au mien qui oscille lourdement sur sa bequille. Le train, une sorte de RER qui dessert toute l´agglomeration, roule lourdement des hanches en taillant a grands coups, de station en station, le tissu urbain qui s´enroule et brode infiniment autour de la capitale. Excroissances de la ville. Quartiers residentiels comme on en voit dans les series americaines, ou tout est duplique sur un meme modele ( " c´est la vie qu´il vous faut ! " ) , HLM, barres d´immeubles mastoc, bidonvilles sauvages , hirsutes de toles, de ferrailles, de bois . Pour conjuguer la grisaille, des murs comme des barricades ,griffes de tags, de grafitis, de fresques colorees a la Rivera. Underground . Le RER s´arrete en grincant, on voit des enfants courir sur la voie ferree, prise entre deux talus infranchissables ,  avec l´air de revenir d´un mauvais coup.

 

Publié dans cyclotropisme

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