Le bon grain et l'ivraie

Publié le par Mickael

Dans le ciel qui palit

La voix du muezzin comme une corde

tendue de minaret en minaret

Des silhouettes se rencognent

dans le cobalt interlope

ou vont malgre tout pieds nus dans la piere

Confondre dans l'encens les fumees du hashish

 

 

Chefchaouen

Publié dans cyclotropisme

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lucie 19/11/2006 22:45

Pour le voyageur
"Le 20 janvier Lenz traversa la montagne. Les cimes et les hauts plateaux neigeux, la pierraille grise dévalant les vallées, les pâturages verts, les rochers et les sapins. Il faisait un froid mouillé, l'eau ruisselait le long des rochers et jaillissait par dessus le sentier. Les branches des sapins pendaient lourdement dans l'air humide. Dans le ciel dérivaient de gris nuages, mais tout était si épais, et à la brume de s'élever par vagues et de s'étirer, lourde et humide à travers la broussaille, si molle, si lourde. Il avançait sans se soucier de sa route, il montait et descendait sans y prêter attention. Il ne sentait pas la fatigue, il lui était parfois juste désagréable de ne pas pouvoir marcher sur la tête. Au début il sentait une pression dans sa poitrine, quand la pierraille s'éboulait brusquement, quand la forêt grise se secouait sous lui et quand la brume tantôt avalait les formes, tantôt en dévoilait les membres gigantesques; il sentait une pression dans sa poitrine, il cherchait quelque chose, comme des rêves perdus, mais il ne trouvait rien. Tout lui semblait si petit, si proche, si mouillé, il aurait voulu mettre la terre derrière un poêle, il ne comprenait pas pourquoi il avait besoin de tant de temps pour descendre une pente, pour atteindre un point éloigné ; il pensait qu'il devait pouvoir tout mesurer en quelques pas. Seulement parfois, quand la tempête rejettait les nuages vers les vallées, et que cela remontait en nappes de brume par dessus la forêt, et que les voix des rochers s'éveillaient, tantôt comme un tonnerre assourdi par le lointain, tantôt avec un brusque et violent grondement, comme si elles voulaient dans leur joie féroce chanter la terre, et quand les nuages caracolaient comme des chevaux sauvages hennissant, et quand un rayon de soleil se montrait, perçait cette masse et dégainait son glaive flamboyant contre la neige, si bien qu'une lumière claire, aveuglante découpait la montagne des cimes jusqu'aux vallées ; ou quand la tempête chassait les nuages devant elle et y déchirait un lac bleu de lumière, et qu'ensuite le vent se perdait et remontait doucement des gouffres, des cimes des sapins comme une berceuse et un carillon, et quand dans ce bleu profond perçait un timide rouge, et que de petits nuages passaient ailés d'argent et que tous les sommets brillaient et flamboyaient, coupants et solides, loin au dessus de la terre, alors il y avait un déchirement dans sa poitrine, il se tenait là, haletant, le corps penché vers l'avant, les yeux et la bouche grand ouverts, il pensait devoir aspirer la tempête en lui, tout saisir à l'intérieur de lui, il s'étirait et s'allongeait sur la terre, il s'enfouissait dans le tout, c'était un désir qui lui faisait mal ; ou bien il restait debout calmement, posait sa tête sur la mousse et fermait les yeux à demi, et alors, tout s'éloignait de lui, la terre disparaissait sous lui, devenait petite comme une étoile errante, elle se plongeait dans un fleuve grondant qui effilait ses flots limpides en dessous de lui. Mais ce n'étaient que des instants passagers, et après il se relevait, l'esprit clair, sûr de lui, calme comme si un théâtre d'ombres était passé devant lui, il ne se rappelait plus de rien."
( traduit de "Lenz" , Georg Büchner, la suite viendra si j'ai le temps)

lucie 19/11/2006 19:21

j'ai rencontré Yves par hasard lors d'une soirée enfumée et hagarde, et j'ai bien pu constaté que tu avais pratiqué de la désinformation, on ne savait pas l'un autant que l'autre que l'autre était à Strasbourg.La vie est faite de coïncidences, je suis trop heureuse d'avoir découvert ton blog, chaque phrase est un morceau de littérature !Je suis jalouse et émerveillée de suivre chacun de tes pas !lucie

Charles 12/11/2006 23:32

L'invitation au voyage

Allons découvrir
Jusqu'à en mourir
Allons voyager
Jusqu'à en crever
Allons tous les deux
Jusque dans les cieux