Citadelle

Publié le par Mickael

05/10/06

Il est 13h a Pampeluna. J´ecoute onduler les sirenes hollywoodiennes de la guardia civil. Adosse a l´un des remparts desempares de la citadelle en chantier. Il est loin le temps de la reconquista, d´Isabelle, de Philippe II, de Charles Quint. Je voudrai lire Hernani d´Hugo et  voir s´eteindre les derniers feux dans l´espagne decadente. L´ombre d´un Cid rase les courtines. Je songe a la grande armada. Mes pensees sont prises dans les serres des vautours de Navarre. Chantier. Un nain difforme et grotesque, tout droit sorti d´une huile de Goya, passe sur son tracteur. Maintenant je le vois dans les gravats qui se demene. un vieux canon sur son affut rouille est pointe sur sa tete enorme et disproportionnee. Il me reste a lire le journal local qu´on distribue a la va vite sur les places publiques. Je comprends mal aisement lespagnol et pourtant cette langue me devient familiere, et cette maniere quils ont de ricocher les mots, de rouler leur " r " , dune levre a lautre, comme un torrent roule ses galets entre ses rives. Vincent et moi nous sommes separes. Don Quichotte, Ulysse, leur ombre est plus belle au soleil des solitudes. Moulins de la Mancha, recifs ensorceles au large d´Ithaque, ma proue file ou bon lui semble, ma monture y trouve enfin son amble, loin d´un Diomede ou dun Sancho.

Les sirenes de la guardia civil orchestrent les nuits mal famees. Il faut parfois s´attacher au mat pour ne pas jouer sa vie sur un coup de pedale ou de des.

Publié dans cyclotropisme

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article